Le lézard de Saint-Vulfran

 

Avez-vous déjà entendu parler d'« Ech dragon d'St-Vulfran », « Le dragon de Saint-Vulfran » ?

 

Jusqu’en 1940, un impressionnant lézard empaillé d’au moins un mètre cinquante de long ornait le mur de la collégiale Saint-Vulfran d’Abbeville. Ce lézard serait lié à une légende locale transmise de génération en génération.

 

Chaque matin, à l’aube, un mystérieux animal que certains qualifiaient de dragon, malgré sa petite taille, semait la pagaille dans la ville. Doté d’une forte mâchoire, d’une longue queue et d’un corps recouvert d’écailles, il se déplaçait à une vitesse fulgurante, dérobant chaque jour une pièce de viande chez un boucher différent, comme pour ne pas éveiller les soupçons. Après son larcin, il disparaissait dans la Somme.

Un jour, un homme le vit entrer dans le cimetière de la cathédrale avant de disparaître sous une lourde dalle funéraire. Le clergé, alerté et guidé par le témoin, accompagné des notables de la ville et de deux fossoyeurs, se rendit sur les lieux. Il fallut l’intervention de deux hommes supplémentaires et l’utilisation de puissantes barres de fer pour soulever l’imposante dalle.

Dans la cavité, ils découvrirent le « dragon » endormi auprès d’un crapaud gigantesque. Ce dernier, surpris, se gonfla démesurément, fixant les intrus de ses yeux globuleux. C’est alors que tous comprirent : c’était lui qui, en se gonflant, soulevait la dalle et permettait au lézard d’accéder à leur repaire secret. Le crapaud, comme par magie, disparut dans un nuage de fumée et une odeur de soufre, laissant penser qu’il était une manifestation diabolique.

 


 

 

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