Jeanne Hachette
Son
vrai nom serait probablement Jeanne Laisné ou Jeanne Fourquet et elle serait
née dans la rue de Beauvais qui porte aujourd’hui son patronyme légendaire.
Jeanne
Hachette, dont la légende est inscrite dans l’histoire de Beauvais, aurait joué
un rôle crucial lors du siège de la ville en 1472 par les troupes de Charles le
Téméraire, duc de Bourgogne. Alors que les soldats bourguignons tentaient de
franchir les murs de la ville, Jeanne aurait, du haut de ses 18 ans, pris une
hache pour repousser les assaillants, galvanisant ainsi les habitants,
notamment les autres femmes de la ville.
Sa
bravoure aurait permis de renverser le cours de l’attaque, repoussant les 80000
soldats et transformant une situation critique en une victoire collective pour
Beauvais.
Cet
acte héroïque a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire locale, si bien
que chaque année, la ville célèbre la fête de Jeanne Hachette, aussi appelée
fête de l’Assault, une tradition qui remonte à l’époque de Louis XI.
La
statue : une œuvre commémorative
Cette
statue, installée au centre de la place Jeanne Hachette à Beauvais, autour de
laquelle s’élèvent des bâtiments historiques, dont l’hôtel de ville, illustre
l’importance accordée à Jeanne dans l’identité collective de la ville et de ses
habitants.
La
statue de Jeanne Hachette a été commandée au XIXe siècle, à une
époque où les monuments publics servaient à rappeler les figures héroïques et à
renforcer le sentiment d’identité nationale. Réalisée par le sculpteur Vital
Gabriel Dubray, elle a été inaugurée en 1851. Pour l’occasion, 734 musiciens
ont joué la « Cantate à Jeanne Hachette », œuvre de Sigismond von
Neukomm.
La
sculpture représente Jeanne dans un mouvement dynamique, brandissant une hache
dans une main, l’arme qui lui a valu son surnom, et abattant le drapeau
bourguignon de l’autre.
Sa
posture résolue et son expression déterminée affichent l’essence du courage et
de la détermination face à l’adversité.
Une
légende féminine laïque
Si
l’action des femmes de Beauvais durant le siège a été une réalité, il reste
toutefois difficile à certifier qu’une certaine Jeanne aurait mener le peuple
contre les assaillants.
Elle
reste malgré tout un symbole féministe avant l’heure, un pendant plus laïc à
Jeanne d’Arc, la pucelle d’Orléans poussée par Dieu.
Sa
statue elle-même a été érigée à une période marquée par les mouvements pour les
droits des femmes et peut être vue comme un hommage à la capacité des femmes à
jouer des rôles-clés dans les moments décisifs de l’histoire.
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